La misandrie ironique ou quand l’humour change de camp

TW : mention de menaces de viol/mort

Il y a quelques temps déjà, j’ai lu un excellent article de Slate intitulé L’essor de la misandrie ironique. La misandrie, littéralement la haine des hommes, serait l’équivalent de la misogynie et est régulièrement lancée comme accusation à la figure des féministes pour décrédibiliser leur parole. Lassées de ces poncifs qui n’en ont en plus pas le moindre fondement puisque, spoiler alert, la misandrie n’existe pas (t’en fais pas, j’y reviendrai), certaines féministes ont décidé de se réapproprier ce concept avec humour pour créer la misandrie ironique.

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Le principe ? Dénoncer par l’absurde les accusations de « misandrie » en jouant à fond cette carte de la haine des hommes et en faisant croire au grand complot féminazi.

C’est un concept qui m’a d’abord interrogée mais auquel j’ai rapidement adhéré. J’ai donc à mon tour écrit « hystérique » dans ma biographie Twitter, me suis présentée comme une extrémiste castratrice lorsque ça me faisait rire et que je sentais une certaine crispation chez les personnes me faisant face, ai fièrement revendiqué ma misandrie et avoué traquer les hommes la nuit avec mon gang de super copines féministes quand on me demandait si quand même, je ne détestais pas un peu les hommes, et je me suis bien marrée à faire croire à l’existence d’un vaste complot visant à instaurer une dictature matriarcale dans laquelle tous les hommes seraient asservis.

Dans un premier temps, ce recours à la misandrie ironique, c’était surtout une façon de décompresser. On l’oublie un peu trop facilement, mais être féministe et le revendiquer, c’est très, très loin d’être de tout repos. C’est s’exposer à des insultes quotidiennes, sur la toile ou dans la vie courante. Et les insultes sur la toile ne sont pas plus faciles à digérer parce qu’elles sont « immatérielles », j’aimerais bien voir deux minutes votre tête si vous vous réveillez un matin et découvriez des dizaines et des dizaines de messages insultants à votre encontre allant des presque sobres « grosse connasse » à « va te pendre sale pute ». Parfois, ces insultes tournent carrément aux menaces de mort, de séquestration et de viol et autant vous dire que ce n’est pas très marrant non plus. Sans aller jusque-là, être féministe, c’est aussi devoir répondre quasiment tous les jours aux mêmes questions ou « argumentations » un tantinet agaçantes et parfois ouvertement méprisantes du style « Mais tu hais les hommes ou pas ? », « Non mais c’est pas à cause du sexisme que tu vas mal t’as juste des problèmes personnels c’est tout arrête de prendre le féminisme pour une psychothérapie » (vécu, hein) ou le désormais traditionnel « Tu es un peu trop extrémiste quand même ». Alors oui, parfois, ça fait juste du bien de répondre à ça sur le ton de l’humour, a fortiori quand c’est la quinzième fois de la journée qu’on te fait remarquer que tu devrais être plus gentille et souriante et conciliante parce que là tu dessers grave ta cause, attention.

Mais surtout, rapidement, je me suis aperçue que la misandrie ironique permettait de faire un sacré tri dans mes relations, même les plus anodines. Parce qu’en fait, il y a des personnes qui ont pris tout à fait sérieux ce que j’ai pu leur dire. Il y a des gens qui croient réellement qu’on travaille à l’instauration d’un matriarcat et qu’on ne rêve secrètement que d’émasculer tous les hommes peuplant cette planète. Il y a des gens qui, quand vous vous présentez comme « misandre », ouvrent de grands yeux et s’enfuient presque en courant et en poussant des hurlements. Et ça, ça en dit très, très long sur l’image qu’ils se font du féminisme. Je l’ai très vite compris. Au début, j’essayais bien de dédramatiser un peu, d’expliquer ce qu’était la misandrie ironique et de faire remarquer que bon, suffisait de réfléchir deux secondes pour se rendre compte que c’était de l’humour à prendre au cent vingt-septième degré. Oui mais voilà, j’ai croisé des personnes qui ne l’ont pas accepté. Des personnes qui m’ont dit « Non mais Mirka, c’est pas de l’humour ça hein, c’est trop facile, c’est juste de l’extrémisme ».

Et bien désolée les ami.e.s mais oui, je vous l’assure, la misandrie ironique, c’est bien de l’humour. Le truc, c’est que vous avez un peu du mal à le voir pour deux raisons principales :

– Vous croyez réellement qu’il existe un « sexisme inversé », des « extrémistes pour l’instauration du matriarcat », de la « misandrie pure et dure », du « sexisme anti-hommes » mais en fait… non. Pardon hein, mais la misandrie, ça n’existe que dans vos rêves. Comme l’hétérophobie ou le racisme anti-blanc d’ailleurs. Nous vivons dans des sociétés patriarcales où les victimes du sexisme sont les femmes. Oui, en tant qu’hommes, vous pouvez également subir les conséquences de ce sexisme. Vous pouvez entendre des injonctions à la virilité, à la force qui peuvent être pesantes, je l’entends, mais ce n’est absolument pas comparable à ce que vivent les femmes. Parce que ces injonctions, si pesantes qu’elles puissent être, vous les recevez parce que vous êtes dans une position de dominant. Et elles vous permettent de garder cette position ascendante. Je ne dis pas que c’est toujours facile. Je ne dis pas que tous les hommes vivent sans la moindre pression ou le moindre problème, et je sais aussi d’ailleurs que tous les hommes sont loin d’être égaux entre eux, que beaucoup subissent des discriminations liés à leur couleur de peau, à leur origine sociale, à leur orientation sexuelle. Mais fondamentalement, ce ne sont pas les hommes qui souffrent du sexisme. Les hommes cisgenres ne subissent pas de discriminations systémiques liées à leur sexe. Donc non, la misandrie n’est pas l’équivalent de la misogynie parce que ce n’est juste pas comparable. Affirmer le contraire, c’est mettre sur le même plan ce que subissent les femmes et ce que subissent les hommes dans nos sociétés patriarcales. Autrement dit, c’est stupide mais en plus complètement indécent. La misogynie s’inscrit dans un système, un système dans lequel ce sont toujours systématiquement les femmes qui sont en position inférieure. Elle tue tous les jours. Pas les féministes, ni même les misandres si si. Et puis honnêtement, les cercles féministes, je les fréquente depuis des années et je n’ai jamais, pas une seule fois, rencontré de féministes prônant sérieusement un asservissement des hommes par les femmes. Franchement, faut arrêter avec ce délire. Ça n’existe pas.

– Surtout, surtout, vous êtes habitués à un humour oppressif. Vous ne comprenez pas que la misandrie ironique puisse être de l’humour parce que vous avez intégré depuis belle lurette, même inconsciemment, que l’humour s’exprime à l’encontre des opprimé.e.s. Non, on ne peut pas rire de tout. Oui, l’humour peut être et est très souvent carrément oppressif. Sérieusement, ne venez même pas me sortir les classiques « Mais faut rire de tout » et « Non mais on est en démocratiiiiie je dis ce que je veux lol ». Parce que c’est trop facile. C’est trop facile de dire qu’on peut rire de tout alors qu’en vrai, on est très, très loin de rire de « tout ». Alors qu’en vrai, ce sont toujours les mêmes personnes, toujours les mêmes catégories, sur lesquelles on fait des blagues dégueulasses sous couverts d’humour. Vous voulez rire de tout ? Laissez-nous faire nos blagues sur les mâles alphas, les male tears et le complot féminazi sans automatiquement nous qualifier d’extrémistes. Laissez-nous faire des blagues sur les blancs ou les hétéros sans immédiatement hurler au racisme anti-blancs ou à l’hétérophie. Ah mais tiens, tout de suite ça vous intéresse moins, là, c’est bizarre hein.

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Ce garçon qui a refusé de considérer la misandrie ironique comme de l’humour, ce garçon, à côté de ça, il trouvait très marrant de me faire des blagues ultra spirituelles comme « Va faire la vaisselle au lieu de débattre ». Qu’est-ce qu’on se marre hein. Il y a ce pote, aussi, ce pote qui nous confiait fièrement qu’un de ses passe-temps favoris, c’était de faire des blagues sexistes à une fille qu’il savait féministe juste pour l’énerver. Vous, vous avez donc le droit de nous dire de la fermer parce que la place d’une femme c’est à la cuisine, ça c’est de l’humour et du vrai, en plus, du bon. Et la misandrie ironique, par contre, c’est pas de l’humour mais la preuve que les féministes sont de méga dangereuses extrémistes ? Vous le sentez, là, le double-standard sexiste de merde ?

Alors au final, n’en déplaise à certain.e.s mais surtout à certains, je vais continuer à jouer la misandre extrémiste et je m’en fiche un peu qu’on puisse le prendre au sérieux –parce que si tel est le cas, ça veut dire que moi, je n’ai pas du tout à vous prendre au sérieux. Quand vous croyez au complot féminazi, c’est que vous avez déjà décidé de toute façon que les féministes sont coupables et le resteront quoi que l’on puisse vous dire alors j’ai pas spécialement envie de perdre même une nanoseconde pour vous.

Et puis, il va falloir s’y habituer : nous aussi, on veut et on peut faire de l’humour. Et même qu’il est souvent bien plus drôle que votre humour oppressif.

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25 réflexions sur “La misandrie ironique ou quand l’humour change de camp

  1. Un peu d’ironie ne fait pas de mal, effectivement, à condition qu’elle s’appuie sur un socle d’arguments rationnels préexistant. Mais dans votre cas, aucun argument rationnel n’est proposé, et l’ironie n’est utilisée que pour pallier à ce manque, ou le camoufler. Si vos adversaires sont si nuls, pourquoi ironiser, pourquoi ne pas les réfuter d’emblée ? Ce serait plus efficace. Je vous propose donc de réfuter rationnellement le constat selon lequel les lois discriminent les hommes dans les domaines suivants : paternités imposées, prévention des violences conjugales ou familiales, attribution de la résidence des enfants après divorce, fausses accusations d’abus sexuels. Là, l’ironie va changer de camp.

    • Vous n’avez vraisemblablement pas lu l’article dans son entièreté mais je vais être sympathique, je vais tout de même vous répondre, je ne voudrais pas que vous me preniez pour une hystérique : que l’humour dominant et largement répandu dans la société soit oppressant, que le fait de se revendiquer féministe donne systématiquement lieu à des attaques qui, j’espère que vous en conviendrez, sont graves quand elles vont jusqu’aux menaces de viol, que l’on applique un double-standard dans notre perception de l’humour selon qu’il vienne d’un homme ou d’une femme et que la misogynie et la misandrie ne sont fondamentalement pas comparables parce que la première est systémique quand l’autre ne l’est pas ne vous paraissent peut-être pas des arguments, mais j’ai en ce cas bien peur de ne rien pouvoir faire pour vous. D’autant que vous paraissez d’ailleurs tout savoir : mais oui, allez-y, aller réfuter d’emblée ces braves adversaires. Ces braves adversaires qui coupaient systématiquement la parole aux femmes, décrédibilisaient nos actions, nous insultaient à tour de bras et ont fini par carrément nous interdire de parler des sujets que l’on voulait, à savoir les droits des femmes, sous menace d’être exclus du mouvement citoyen auquel nous participions. Pardon, vraiment, de n’avoir pas su les convaincre malgré mes (très) nombreuses tentatives s’étant toutes soldées par des attaques à mon intégrité et d’avoir décidé, à un moment donné, de me rabattre sur l’humour. Mes plus plates excuses. Je vous les présente aussi pour ce qui va suivre et qui risque bien, je le crois (à la lecture de votre éclairait commentaire), de vous chambouler : les paternités imposées ne représentent rien en comparaison des maternités imposées ou même des viols conjugaux, tiens (si on veut commencer à aller dans l’imposé hein). 148 femmes sont mortes en France sous les coups de leur conjoint en 2012 contre 26 hommes, et 65% de ces 26 hommes étaient eux-mêmes auteurs de violences conjugales. Les enfants sont plus souvent confiés aux femmes lors d’un divorce mais figurez-vous que 50% des hommes ne demandent même pas leur garde : ceci explique peut-être cela. Ils sont aussi 40% à ne pas payer leur pension alimentaire, si ce sujet vous touche. Quant aux fausses accusations d’abus sexuels, elles ne représentent que 2% des accusations totales. Statistiquement, un homme a donc bien plus de chance de violer une femme que d’être faussement accusé de viol. Mais cela dit, ne vous en faîtes pas, le génie que vous êtes a tout compris : le vrai problème dans tout ça, c’est la misandrie ironique.

    • Ça me fait rire, les gens qui disent « Oui, mais Desproges il dit qu’on peut rire de tout! » parce qu’ils ne connaissent visiblement pas bien leur Desproges. Dans le texte original, cette phrase est précédée d’un « parfois » et de conditions: si cet humour aide à surmonter le désespoir et les angoisses, et s’il sert à ridiculiser la stupidité. Nulle part je ne l’ai entendu encourager le rire bête et méchant qui sert à oppresser les plus faibles que soi; au contraire il pointait régulièrement du doigt la virilité toxique et envahissante.
      C’est quelque chose que les gens oublient très souvent lorsqu’ils radotent cette phrase.

  2. « Là, l’ironie va changer de camp. » Nan mais j’adore le commentaire, on dirait que ce monsieur Durand est persuadé de te donner des arguments que tu n’as JAMAIS entendu et qui vont te piéger direct. Je comprends pas comment tu arrives encore à répondre à ça sérieusement et sans perdre ton calme.
    (ça m’arrive aussi régulièrement depuis les quelques années où je suis à peu près vue comme la féministe de service chez moi, les gens me balancent des arguments réfutables en 2 secondes pour qui a déjà lu plus de trois lignes sur le féminisme et me regardent hyper fiers de leur réplique sensationnelle -ex : « vous êtes gentilles les féministes mais en même temps vous profitez de la GALANTERIE » « Moi je connais une fille qui aime se faire draguer dans la rue d’abord » « Le féminisme on en a plus besoin depuis Simone de Beauvoir/Veil » etc etc)

    Bref, chouette article, le double standard est vraiment évident avec l’humour (big up au mec qui a voulu m’expliquer sérieusement que j’étais nulle de pas trouver les blagues « femme retourne dans la cuisine » hilarantes malgré les avoir déjà entendues 40 000 fois parce que c’est du COMIQUE DE RÉPÉTITION mais qui trouve extrêmement choquant que je lui dise que les garçons cis blancs hétéros sont bien fragiles.)

    Et pour ceux qui râlent sur le fait qu’on ne parle pas assez des agressions sexuelles sur les hommes par des femmes (qui sont souvent moquées), des injonctions à la virilité et compagnie, je leur dis que je ne connais pas assez le sujet, mais qu’ils peuvent tout à fait militer pour tout ça sans attendre que je m’en charge et qu’ils ont bien raison de vouloir en parler. S’ils peuvent le faire autrement que pour interrompre les débats féministes en cours ça marchera encore mieux, promis juré (et c’est même plus facile pour eux, tout le monde y gagne).
    (Bon par contre ceux qui veulent absolument parler de ce terrible sujet qu’est les fausses accusations d’agressions sexuelles, d’ailleurs rien ne dit que les victimes ne mentent pas pour la GLOIRE hein, je leur dis juste de se renseigner et de se taire d’ici là -parfois moins poliment j’avoue-).

    Voilà, à nouveau, merci pour ton travail, et passe une bonne journée 🙂

    P.S. : au fait, j’ai lu entre autres « Ne suis-je pas une femme » de Bell Hooks depuis ton article sur les autrices et je te le conseille vivement, la traduction française utilise en plus l’écriture inclusive (c’est le premier texte édité où je la vois utilisée !).

  3. « je les fréquente depuis des années et je n’ai jamais, pas une seule fois, rencontré de féministes prônant sérieusement un asservissement des hommes par les femmes. Franchement, faut arrêter avec ce délire. Ça n’existe pas. »

    Je me tire les cheveux quand je vois des commentaires du style « ouais, il y a des extrêmes – extrémistes – comme dans chaque combat – partout – » alors que j’en ai JAMAIS vu. Je m’étais dit que peut-être que j’étais du coup moi-même extrémiste si je ne le vois pas. Là, au moins c’est clair. Ça n’existe pas, donc comme je l’imaginais, quand une personne parle de féministe extrémiste ou autre connerie dans genre = Déchet + Blacklist. OKLM. (Oui, moi j’ai pas votre force d’éduquer, d’expliquer, ect <3)

    "Surtout, surtout, vous êtes habitués à un humour oppressif. Vous ne comprenez pas que la misandrie ironique puisse être de l’humour parce que vous avez intégré depuis belle lurette, même inconsciemment, que l’humour s’exprime à l’encontre des opprimé.e.s. Non, on ne peut pas rire de tout. Oui, l’humour peut être et est très souvent carrément oppressif."

    Tellement ça.

  4. Merci pour cet article !
    Par hasard, t’aurais pas des bonnes blagues justement ou un lien ou des pistes?
    J’essaie de lancer des piques marrantes mais j’ai un peu de mal. On devrait se constituer un répertoire misandre aussi 🙂

    • Tiens c’est une bonne idée ça le répertoire misandre, à mettre en place d’urgence !
      Moi en général je me contente de jouer à fond la carte misandre, on t’accuse d’extrémisme, de desservir ta cause ? « Ouais carrément et avec mes copines féminazis on a créé un gang de la mort qui émascule des mecs la nuit et blablablaaaaaaa »
      A mes débuts sur Twitter @ComicSansInes avait aussi un tweet épinglé que je trouvais très drôle, « Moi quand je dessers ma cause » avec une photo de cake à la main tendue, ça peut faire un même réponse 😉

  5. Je méprise toutes les formes d’ostracisme mais il y a quelque chose qui m’énerve encore plus c’est la minimisation/négation de l’ostracisme…

    Quelque soit la couleur de peau/religion/sexe/genre ou autre il y aura des con (nes) pour discriminer. Il y a de la misandrie et du racisme anti-blanc

    Affirmer qu’il n’y a pas de misandrie est une connerie monumentale surtout au motif qu’il est moins important que la misogynie.

    Tu te vois dire que les viols d’hommes sont moins important que les viols des femmes simplement car ils sont moins nombreux?

    Je ne suis pas féministe , je ne suis pas machiste non plus , je suis juste un benêt qui croit en l’égalité de tous (homme/femmes/autres) pendant 2 ans j’étais avec une fille qui était « autre » et c’est grâce à lui que je me suis penché sur la question dont avant je me moquais éperdument.

    Je ne dis pas qu’il faut répondre aux projets féministes par des projets machiste (par exemple le pitoyable projet vipère en réponse au projet crocodile )

    Je dis que tant que chacun se battra pour ce qu’il a entre les jambes ça ne pourra pas fonctionner. Il faut se battre contre TOUTES les formes de sexisme.

    Ce que vous faites et aussi abject que ce que font les misogynes vous niez et tournez en dérision un ostracisme ordinaire.

    • J’ai franchement hésité à purement et simplement supprimé ton commentaire parce qu’il est tellement rempli de clichés et de poncifs qu’il remplirait à lui tout seul le Bingo féministe 2016.

      Cela dit, il y a un point sur lequel je voudrais rebondir quant à ton post et ce sera d’ailleurs bien la dernière fois : le viol des hommes. A. aucun. de. purin. de. moment. je. n’ai. écrit. ici. que. les. violences. subies. par. les. hommes. sont. pas. importantes. Déjà. Ensuite, franchement, à part évoquer les hommes violés juste quand on parle féminisme pour faire chier les féministes en croyant en plus être le premier philosophe à nous lancer cet argument, tu fais quoi au quotidien contre les violences faites aux hommes ? Les viols d’hommes te choquent, tu veux agir ? Mais vas-y, la scène est tout à toi, crée une association, engage-toi. Mais n’évoquer ces hommes que lorsque l’on parle des femmes pour comme toujours recentrer le débat sur les hommes, c’est très moche. Et d’autre part, faudrait pas oublier que les premières à avoir parlé du viol des hommes et à VRAIMENT s’en occuper au quotidien, pas juste quand ça permet d’envenimer un débat, c’est les féministes. Mais enfin je suppose que c’est « aussi abject que ce que font les misogynes ».

      Et sur ce, navrée (non) de te décevoir, mais la misandrie comme le racisme anti-blancs n’existent pas en tant que système. C’est un fait, c’est tout. Peut-être que tu vas parfois, ponctuellement, entendre « sale blanc » ou que sais-je mais, de 1), ça n’a absolument pas la même portée ne serait-ce que historique que « sale noir », de 2), ça ne sera en rien institutionnalisé et systémique. Va vraiment falloir se rentrer ça dans le crâne. Prétendre qu’il existe une misandrie et un racisme anti-blancs, c’est mettre sur un pied d’égalité des remarques ponctuelles et des systèmes institutionnalisés et c’est non seulement stupide mais en plus très violent à l’égard des personnes qui sont chaque jour victimes de discriminations systémiques. Et que tu postes un commentaire entier pour t’indigner davantage de l’horrible méchanceté qu’est l’humour misandre contre les hommes plutôt de ce que j’ai pu écrire comme les menaces de viol et de mort que je subis quotidiennement illustre remarquablement cet état de fait. Je suppose que je devrais donc t’en remercier… mais non.

  6. J’ai eu du mal avec le féminisme. Disons qu’au début, je lisais des articles plus pour chercher des failles dans l’argumentation que pour découvrir et entendre une injustice. Les arguments faibles ou erronés, les manifestations des fémens, la remise en cause de la différence des genres m’ont longtemps tenu contre ce mouvement. Cela-dit, à force de lire, j’ai lu des arguments pertinents, j’ai entendu une souffrance et j’ai ouvert les yeux sur le sexisme de notre société (et le mien.) J’ai deux choses paradoxales à partager. D’abord une cause juste mais mal servies, vous dessert. Ensuite, une cause bien servie face à des sourds est un combat… délicat où le ton risque de monter, et la pédagogie redescendre pour se transformer en une vaine guerre de tranchées.
    Vous auriez été maladroite à hiérarchiser la misogynie et la misandrie en des luttes de priorités inégales. Mais déclarer que la misandrie n’existe pas, en parlant d’une réalité ; les injonctions à la virilité, c’est une erreur. Une erreur car vous ne reconnaissez pas une souffrance qui vous est étrangère (De la même façon que les misogynes ne reconnaissent pas la votre)
    Une erreur stratégique car les injonctions à la virilité conduisent certains individus à l’homophobie et à la misogynie.
    De même, en répondant à la misogynie par la misandrie, même sous couvert d’humour, vous ne vous élevez pas.
    Un homme a dit : « Si la femme veut être l’égale de l’homme, alors elle manque cruellement d’ambition »

    • Injonction à la virilité qui vient d’où, à ton avis ? Du patriarcat. Et pas d’une prétendue misandrie. CQFD.

      Pour le reste, se référer à la réponse dont je me suis déjà fendue au commentaire précédent, j’ai pas ton temps. Surtout quand tu préfères hurler au scandale pour de l’humour et pas la réalité que je te décris incluant des menaces de mort et de viol quotidiennes.

  7. Et puis ce qui dessert le plus les femmes, c’est de leur dire comment faire pour lutter, on est des êtres humains au même titre que les hommes, dotées d’une intelligence et d’une parole, rien de pire que de l’étouffer et de la décridibiliser sur sa forme ! « Ne me libère pas, je m’en charge »

    Et si certaines oreilles ne sont pas prêtes à l’entendre effectivement aucun dialogue ne peut émerger mais c’est pas une raison de se taire 😥 Quand une association émergera pour dénoncer les violences faites aux hommes et l’injonction à la virilité comme fin en soit et non pour minimiser l’importance et la pertinence des combats féministes, il est évident que cette association sera accueillie à bras ouverts parce qu’évidement alors on travaille dans le même sens. Je crois que si le féminisme a émergé c’est parce que dans ce cadre normatif, cette relation de domination hommes-femmes, c’est la femme qui en avait le plus besoin, c’est difficile à admettre mais si un dialogue doit émerger il faut d’abord être capable de reconnaitre ses privilèges (sur d’autres plans aussi : privilège blanc, de classe, valide, hétérosexuel, cisgenre,…) et puis on peut parler et écouter l’autre…

    pour la blague : https://img.ifcdn.com/images/63203f89b40d1ee4cef3c97e621a097eb7063db854f955fcc5c946d1c47ba400_1.jpg

  8. Bonjour ! En tant qu’homme cis-genre blanc.. et féministe convaincu (et militant), je ne peux qu’approuver la majorité de cet article 🙂 A un point près ! Je pense qu’il existe un contre-argument important contre la misandrie ironique : les gens sont stupides + fermés d’esprit + dénués de sens critique. Et donc, hélas, beaucoup vont « rater » l’ironie de la chose. Et cela contribue hélas parfois à renforcer cette image de « feminazi hystérique » qui colle à la peau du féminisme depuis ses débuts.
    Et qui le dessert, évidement.

    Mais c’est évident, cela doit défouler de temps en temps 🙂

    • Si tu veux être un féministe convaincu et militant, par pitié, n’emploie plus jamais l’argument « tu dessers la cause ». Je comprends bien que tu ne pensais pas à mal mais cet argument est systématiquement utilisé par des mecs qui prétendent nous expliquer la vie et/ou mener le combat à notre place et/ou qui applaudissent tout ce qu’on fait tant qu’on les remet pas en cause mais qui sorte d’un coup de massue « tu dessers la cause » dès qu’il faut qu’ils fassent un effort. S’il y a des gens qui croient (ou préfèrent croire) que les féministes sont extrémistes parce qu’elles osent faire de l’humour, c’est pas moi le problème, c’est eux.

  9. Ha et j’ai oublié de préciser un autre point important : Je n’ai moi non plus JAMAIS rencontré de féministes ne serait-ce qu’un peu misandre. Les féministes se battent pour abolir le sexisme donc elles/ils ne peuvent PAS être « anti-homme », tout simplement. Mais trop de gens ont du mal avec la notion de combattre le patriarcat.

    Et par contre, dire que la misandrie n’existe pas n’est pas complètement exacte non plus. J’ai déjà vu de vraies « misandres » sur la toile, et pas ironique (ou alors c’était très très subtil), mais elles ne se revendiquaient pas féministe pour le coup. Et si elle l’avaient fait, cela aurait été facile de lever des contradictions dans leur discours pour montrer qu’il n’avait rien d’anti-sexiste. En fait, je pense que c’étaient surtout des misanthropes qui s’aimaient trop pour pouvoir se détester elles mêmes et qui redirigeait leur haine de l’humain principalement sur les hommes.

    • Alors honnêtement j’ai pas d’avis sur ces filles parce que je les connais pas et n’en ai moi-même jamais vues. Mais on ne peut toujours pas parler de misandrie. On peut parler de bêtise, même de haine pourquoi pas, mais ça ne peut pas être de la misandrie au sens où ça ne fait pas système. Ces femmes pourront être aussi « haineuses » qu’elles le veulent, vous ne serez pas payés 25% de moins que les femmes, vous n’aurez pas 5 fois plus de probabilités d’être agressés, vous ne subirez pas de conséquences systémiques de leurs agissements. C’est pour ça que l’on peut dire que la misogynie existe alors que la misandrie, non. Il peut y avoir, ponctuellement, des remarques anti-hommes. Mais elles n’ont aucune incidence concrète et systémique.

  10. Je vais essayer d’être léger après tout ce qui a été échangé. Je suis toujours fasciné par les gens qui se définissent au moyen de critères tranchés. En effet, je me lasse vite et j’aime découvrir de nouvelles têtes et de nouvelles choses; ce qui par conséquent engendre le fait que je n’ai pas de passion, fixation, idées arrêtées ….
    La question que je me pose est de savoir si une vraie misandre peut être vraiment amoureuse. Cela engendre en effet des choses pas très rationnelles vis-à-vis de ses propres idées.

    • Si vous avez bien lu l’article, vous connaissez ma réponse : la misandrie n’existe pas, la question ne se pose donc pas. Et on ne se demande pas si un vrai macho peut être vraiment amoureux.

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