Cinq ans de militantisme, et après ?

Je me définis comme militante depuis au moins cinq ans. Et c’est un militantisme qui a revêtu de nombreuses formes différentes jusqu’à aujourd’hui.

1

J’ai d’abord et avant tout été une militante féministe. Je me qualifiais déjà de féministe au lycée mais sans forcément aller beaucoup plus loin. Je n’avais pas vraiment la personnalité pour : timide, introvertie, j’aimais le calme et je fuyais le conflit, alors autant dire que j’évitais la plupart du temps de m’engager dans des débats stériles. Mon féminisme n’était de toute façon pas très développé, j’avais énormément à apprendre alors j’essayais surtout de me renseigner, je suivais des femmes engagées sur les réseaux sociaux et j’écoutais en silence.

C’est le début de mes études supérieures qui a marqué la transition. J’avais toujours habité à la campagne avant d’emménager dans mon premier appartement. Je me souviens très bien de ma première soirée étudiante. La rentrée avait lieu le lundi et, le dimanche soir, la plupart des étudiant·e·s se retrouvaient dans un bar pour échanger, se connaître un peu avant de découvrir l’école. J’y suis allée un peu stressée, la timidité toujours, mais j’ai passé une bonne soirée. Et puis il a fallu rentrer. J’avais peut-être 800 mètres à parcourir jusqu’à chez moi. Je suis partie seule. Un jeune homme a essayé de m’aborder et je me suis contentée de sourire poliment et de tracer ma route sans trop savoir quoi faire. Je n’avais jamais été dans cette situation : mes sorties en ville se faisaient soit en famille, soit entre ami·e·s, et les soirées s’organisaient les unes chez les autres dans nos grandes maisons. Quelques mètres plus loin à peine, un homme plus âgé m’a dit quelque chose à son tour. Je l’ai encore ignoré mais lui ne s’en est pas contenté. Il m’a insultée, je n’avais qu’à lui répondre aussi, et il cassé la bouteille en verre qu’il avait à la main contre un mur. Je ne sais pas ce qu’il comptait faire exactement, je ne l’ai même pas regardé, je n’ai pas couru mais je suis rentrée chez moi plus vite que Yohan Diniz avec le cœur qui tambourinait dans ma poitrine. J’ai découvert le harcèlement de rue et surtout : la peur. Je ne savais juste pas encore qu’elle ne ferait que s’intensifier avec les années.

Je suis peu à peu devenue très engagée sur les réseaux sociaux. Il y a eu Twitter, puis mon blog. J’étais pas très connue, pas spécialement très suivie, mais je m’exprimais énormément, et je lisais, j’apprenais, je partageais frénétiquement. C’était en ligne, c’était plus simple pour moi, trop discrète dans la vraie vie. Mais c’était utile malgré tout. J’ai moi-même tant appris sur Internet que je serais bien hypocrite de venir nier son utilité. J’ai découvert des personnes incroyables, des militantes extraordinaires qui ont changé ma vie, qui ont changé ma vision du monde, et mes idées se sont affirmées petit à petit. J’étais féministe, j’essayais d’être plus inclusive, et politiquement je suis passée du Parti Socialiste en 2012 à l’extrême gauche durant mes premières années d’études.

Certain·e·s moquaient un peu le militantisme en ligne. C’était moins glorieux, moins utile, mieux valait s’engager dans ce qu’on aime appeler la vraie vie, comme si ce qui se passait en ligne n’impliquait pas de vrais êtres humains. J’ai créé la première antenne de l’association Politiqu’elles pendant ma deuxième année d’études et je l’ai présidée. C’était un joli défi et je me souviens encore des tremblements dont mes mains étaient agitées avant que je n’introduise ma première conférence au nom de l’association. J’en ai gagné tout au long de l’année et c’était très grisant parce que je me sentais enfin en adéquation avec mes idées. Il n’y avait plus celle que j’étais sur les réseaux sociaux d’un côté et la fille timide et effacée de l’autre. Je me sentais utile.

Puis il y a eu la loi travail, le mouvement social et Nuit Debout. Ça a d’abord été quelque chose de très grisant là aussi. Je me souviens de soirées entières passées à débattre et à refaire le monde. Je rencontrais des gens, je sortais du simple cadre de mon école et clairement, ça faisait du bien, parce qu’on vivait dans une sacrée bulle à 200 étudiant·e·s seulement, pas très représentatif·ve·s de la société dans son ensemble. Mais ça a aussi et malheureusement surtout été ma première grande désillusion politique. D’abord, aussi stimulant qu’ait été le mouvement, il n’a pas abouti. La loi est passée et a ouvert un gouffre puisque d’autres horreurs sont encore venues depuis. Toujours un peu plus d’injustice. Nuit Debout, ça a aussi été la confrontation au sexisme là où j’espérais bien ne pas devoir l’affronter : dans le milieu militant et tout particulièrement dans le milieu militant de gauche où les hommes aiment croire qu’ils sont forcément des être extraordinairement tolérants, parce qu’ils sont de gauche. J’ai subi des agressions sexistes et j’ai été à plusieurs reprises témoin de transphobie. Je suis rentrée chez moi sans regret à la fin de l’année. J’avais envie d’une pause, de me recentrer sur le blog, sur le militantisme en ligne, de prendre du recul par rapport à Nuit Debout, et ça tombait bien, je partais à Prague pendant un an dans le cadre de ma troisième année d’études.

J’ai eu énormément de temps libre à Prague. Le rythme Erasmus n’était clairement pas des plus prenants et mon travail étudiant, qui m’occupait pourtant deux fois plus que les cours, me laissait une grande liberté. J’ai pu recommencer à lire. Je n’avais pas vraiment eu le temps de le faire pendant deux ans en-dehors des lectures de cours. J’ai créé le hashtag #AuFilDesAutrices, j’ai lu des romans, des essais, j’ai suivi de plus en plus de femmes et de militant·e·s engagé·e·s sur les réseaux sociaux, j’ai appris, j’ai discuté, j’étais très présente en ligne. C’était l’année de la présidentielle et il y avait peut-être une certaine frustration à ne pas être en France pour l’occasion alors je suivais le plus possible depuis mon ordinateur pour ne rien manquer du tout. Je crois que je n’avais jamais été aussi politisée. J’étais engagée, j’avais mes idées, affirmées, précises, je lisais à longueur de temps, c’était extrêmement enrichissant.

2

L’élection présidentielle a été la deuxième grosse désillusion. Quand j’y repense je me dis que ça n’a été qu’une vaste blague et de très, très mauvais goût. Il y avait Fillon empêtré dans ses affaires, Le Pen dont les idées s’étaient bien imposées à l’agenda politique, Macron qui a quasiment dès le départ été présenté comme l’alternative au Front National et finalement été élu grâce à l’extrême droite – dont La République en Marche doit bien se réjouir de l’existence puisque pour les Européennes la stratégie est une nouvelle fois de dire nous ou l’extrême droite, bah oui c’est bien pratique le Front National malgré tout hein – et la gauche, Mélenchon et Hamon, aussi orgueilleux l’un que l’autre, incapables de faire front commun pour une fois. Je ne me reconnaissais pas dans le moindre de ces candidat·e·s, aucun·e ne m’inspirait vraiment confiance, et je n’avais pas envie de voter pour le moins pire parce que ce n’est pas exactement comme ça que devrait fonctionner un régime démocratique à mes yeux. Alors j’ai voté Philippe Poutou par sincère adhésion aux idées du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) tout en sachant pertinemment qu’il n’irait jamais au second tour.

Je me suis abstenue ensuite. Je l’assumais à l’époque et je l’assume encore plus maintenant, maintenant que deux années sont passées et avec elles la violence économique, la violence policière à son paroxysme, la répression toujours plus forte du droit de manifester, l’affaire Benalla et tout ce qu’il y a derrière, surtout, tout ce que ça dit de la conception du pouvoir de ces gens-là, le mépris de classe absolument odieux de ces élu·e·s censé·e·s représenter le peuple, l’injustice fiscale et j’en passe. Je croyais en 2017 que Emmanuel Macron et Marine Le Pen étaient respectivement la cause et la conséquence d’un même problème et je ne voulais pas faire fonctionner le désormais traditionnel « C’est nous ou l’extrême droite » parce que c’est trop facile d’agiter éternellement cet épouvantail sans rien faire le reste du temps pour effectivement combattre l’extrême droite. C’est trop facile d’agiter cet épouvantail pour derrière laisser les migrant·e·s se noyer en Méditerranée sous les applaudissements de l’extrême droite.

J’ai eu des discussions très intéressantes à l’époque sur Twitter, sur l’abstention, sur le système politique auquel nous aspirions, sur ce qu’il conviendrait de faire après les élections. Sur Facebook, en revanche, mon choix de m’abstenir a été très mal accepté par un certain nombre de mes « ami·e·s ». Je n’ai pas spécialement envie de revenir dessus mais, ironiquement, ce qui s’est passé il y a deux ans a peut-être fait de moi une abstentionniste pour de bon, et même plus militante en plus de ça.

Parce que je me suis complètement coupée du politique depuis.

Le mouvement contre la deuxième loi travail a peut-être été la troisième et dernière grosse désillusion mais je crois que j’étais déjà très blasée avant même qu’il ne commence. Je n’attends plus rien de la moindre élection aujourd’hui. Ça fait des semaines que je dois aller faire ma procuration en gendarmerie pour les élections européennes et que je ne le fais pas. J’en suis même pas spécialement fière, l’abstention avait un sens politique fort au second tour d’une élection présidentielle, aux Européennes en revanche, j’ai conscience que ça ne renvoie aucun message particulier. Que tant de gens s’abstiennent depuis toujours à ces élections pour diverses raisons. Moi, je suis devenue très pessimiste. Je crois qu’on se dirige vers pire encore, qu’on ne pourra bientôt plus manifester du tout sans risquer d’être arrêté·e, ça m’écœure bien sûr, mais je me sens complètement impuissante. Je crois aussi qu’il est trop tard pour sauver la planète, le climat, que ça va nous tomber sur la gueule sans qu’on ne fasse rien, qu’on va continuer à vivre dans notre jolie illusion où la croissance et le capitalisme sont compatibles avec l’écologie jusqu’au jour où ça va nous tuer. J’avais toujours voulu avoir des enfants. Aujourd’hui je doute sincèrement que nous soyons encore tou·te·s en vie dans cinquante ans et j’aurais bien trop peur de les condamner.

Alors je ne milite quasiment plus. J’ai déserté les réseaux sociaux, j’ai eu très peur lors de ma dernière manifestation et je n’ai juste plus l’énergie pour. Il s’est passé un truc aussi au début de mon année à Prague. Je n’en avais pas encore conscience lors des élections présidentielles que j’ai si mal vécues mais mon corps, lui, s’en souvenait assez bien, donc je prenais mes trois douches par jour et je jetais ma nourriture à la poubelle et je pleurais tous les soirs dans mon oreiller avant d’être réveillée par mes cauchemars. C’est peut-être ça aussi, c’était peut-être ça plus qu’autre chose l’accablement, le pessimisme, mais après tout ça ne change pas grand-chose à l’histoire. J’ai beaucoup culpabilisé de ne plus être aussi engagée. J’ai essayé sans y arriver. J’ai mis un pied dans le mouvement étudiant l’année dernière et j’ai eu l’impression de me prendre de plein fouet toutes les critiques des autres étudiant·e·s, toute l’indifférence des politiques. Alors j’ai tout coupé.

Aujourd’hui je vais mieux. Le fait est que prendre du recul, quitter les réseaux sociaux, me détacher de la politique et revenir en Normandie m’a fait énormément de bien. Et j’ai pas spécialement envie de menacer ce très fragile équilibre pour prouver quelque chose aux autres. J’ai eu le temps de le comprendre loin de la frénésie de Paris, des conversations instantanées et des mouvements sociaux. Loin de mon école, aussi. On exige de certain·e·s militant·e·s qu’iels soient parfait·e·s et on ne leur pardonne pas le moindre faux pas. Ça concerne sans doute tou·te·s les militant·e·s de la droite à la gauche, je militais à gauche alors forcément les militant·e·s de droite me tombaient dessus, ça on dira que c’est le jeu même si on pourrait et on devrait questionner la violence en politique qui est très excluante, mais même les autres te tombent dessus à longueur de temps. Parfois, c’est normal : je pense qu’il faut signaler quand un propos est raciste, sexiste, validiste, parce que ce n’est pas en faisant des ronds de jambe qu’on va amener qui que ce soit à se remettre en question. Mais d’autres fois c’est pas normal, en fait.

On dit souvent des réseaux sociaux qu’ils dématérialisent les liens humains. Je pense effectivement que certain·e·s se permettent d’écrire des choses qu’iels n’oseraient jamais dire à la personne s’iels l’avaient devant eux. Sans même parler des insultes et des menaces de mort ou de viol que je pouvais recevoir sur Twitter, je doute que la fameuse conversation Facebook sur l’abstention aurait eu lieu de la même façon en face à face. Mais c’est aussi trop simple de tout mettre sur le dos des réseaux. La violence est loin de n’être que virtuelle. Ses conséquences ne sont pas virtuelles, déjà. Elles pèsent sur notre vie de tous les jours, sur notre santé, sur notre estime de soi. Cette violence, elle s’exprime par exemple quand des femmes sont exclues de Nuit Debout pour avoir organisé une réunion non-mixte, alors que les hommes peuvent monopoliser la parole et déblatérer leurs conneries sexistes et transphobes en toute impunité, ils parlent plus fort que les femmes qui essayent de leur répondre de toute façon et, si ce n’est pas le cas, ils leur coupent la parole. Un jour t’es la militante cool sur laquelle on peut compter et le lendemain t’es une féministe hystérique parce que tu as osé exprimer un désaccord avec des militant·e·s. Un jour t’es une camarade de classe avec laquelle on a vécu et échangé pendant un an voire deux et le lendemain t’es une pauvre idiote parce que tu as osé faire un choix différent à une élection.

Les militant·e·s ont souvent évoqué ces dernières années la toxicité des réseaux et l’injonction à la pédagogie, être parfait·e·s, souriant·e·s et pédagogues à longueur de temps, même quand on nous aboie dessus. Évidement, on attend toujours plus des femmes. Et on attend encore plus des femmes racisées il suffit de voir toutes ces personnes qui exigent de Rokhaya Diallo qu’elle se positionne sur tous les sujets possibles comme si elle leur devait quoi que ce soit. D’ailleurs je ne suis pas là pour dire qu’il faut faire preuve de bienveillance dans n’importe quelle situation. Je n’ai aucune bienveillance pour les gens qui prétendent remettre en cause mes droits fondamentaux en tant que femme. Il n’y aucune bienveillance à avoir face au racisme, à l’homophobie, à la transphobie ou au sexisme. Mais quand on est sur des débats politiques, et a fortiori entre des gens qui se connaissent, qui se sont fréquentés, c’est quand même incroyable de ne pas savoir s’exprimer sans humilier et rabaisser son interlocuteur·rice.

Moi ça ne m’intéresse plus.

J’ai cessé de me définir comme militante, d’une part parce que j’en fais trop peu depuis des mois pour me sentir légitime à le faire et d’autre part parce que je n’ai plus envie de me justifier face à n’importe qui. C’est ça le truc, quand t’es militant·e, même le ou la plus pur·e inconnu·e à l’autre bout du pays croit que tu lui dois quelque chose, une réponse, de ton temps, un argumentaire, le tout avec le sourire alors qu’iel peut te parler n’importe comment. Là-dessus je raccroche. J’ai donné pendant des années, j’ai beaucoup pris sur mon temps et, un jour, ça a fini par prendre sur ma santé. Il était temps pour moi d’arrêter.

3

Pour autant je n’ai pas cessé d’être féministe, de gauche et anticapitaliste. J’essaye aussi d’être plus écologiste, de soutenir les luttes antiracistes et LGBTQ+, et si la politique me désespère je continue à m’y intéresser malgré tout, à suivre ce qui se passe parce que c’est important, parce que j’ai sans doute trop baigné dedans.

J’ai réfléchi à d’autres manières de m’engager. D’abord il y a ce que je fais pour moi sans l’afficher sur les réseaux : acheter bio et local et de saison, voyager à vélo, lire des autrices, acheter les œuvres de créatrices féministes ou m’abonner au magazine de la Ligue pour la Protection des Oiseaux. Il y a ce que je fais dans le cadre de mon stage de fin d’études et espère continuer à faire par la suite. Il y a ce que je peux faire par ici sans m’oublier au passage : alimenter le blog en supprimant le moindre commentaire malveillant et faire un peu de sensibilisation sur Twitter sur des sujets qui me tiennent particulièrement à cœur. Le calendrier de l’avent sur les femmes engagées dans la résistance française pendant la guerre n’a suscité que des réactions positives et je pense que j’en referai un – merci à toutes les personnes l’ayant partagé, commenté et enrichi !

Et puis il y a quelque chose que je fais depuis toujours, que je laisse parfois entre parenthèses mais que je finis toujours par reprendre : c’est l’écriture.

Je ne pense pas que tou·te·s les auteur·rice·s soient nécessairement engagé·e·s et je comprends très bien que l’on puisse écrire pour le simple plaisir de raconter des histoires. Mais je crois que l’art, et a fortiori est l’écriture, est fondamentalement et toujours politique. Les histoires que l’on choisit de raconter, les personnages que l’on décide de créer, les situations que l’on a à cœur d’évoquer, ça dit quelque chose de nous en tant qu’auteur·rice·s. Et surtout de nous en tant que personnes. Ça dit quelque chose aux personnes qui nous lisent, aussi. Josephine March est un personnage qui a profondément marqué ma vie et qui m’a soufflé l’envie de devenir autrice. J’ai lu des livres qui m’ont fait réfléchir, des livres qui ont changé ma vision du monde, et peut-être que parfois leurs auteur·rice·s le faisaient inconsciemment, mais il n’empêche qu’un livre transmet un message ne serait-ce que parce qu’il traite d’un sujet et pas d’un autre.

Je n’étais peut-être pas une bonne militante. Trop timide, trop sensible, ce n’était peut-être pas pour moi. Je crois en revanche être une bonne autrice. Une bonne autrice à ma petite échelle, une autrice qui écrit beaucoup de fanfictions, mais une bonne autrice. Je mets beaucoup de soin à écrire mes histoires, j’essaye de faire de mon mieux et si je n’ai pas toujours été fière de ce que j’écrivais, je le suis aujourd’hui de certaines de mes histoires. J’ai toujours été la fille introvertie qui préférait le calme de sa chambre, avec du papier ou un clavier, au bruit des longues soirées. C’est peut-être ça que je dois faire. Arrêter d’en avoir honte, arrêter de croire que cela fait de moi quelqu’un d’ennuyeux, de pas vraiment drôle, alors que rien ne m’amuse et ne me réjouit plus que d’écrire. D’écrire les histoires que j’aurais aimé lire. D’écrire des filles fortes et courageuses. D’écrire les femmes que je voudrais devenir.

Il y a beaucoup de jeunes filles qui lisent des fanfictions. J’ai été une de ces filles qui dévorais les romances sur Lily et James. Et j’ai parfois lu des choses assez malsaines, des histoires dans lesquelles le garçon est toujours méchant avec la fille, voire cruel, mais elle finit par le pardonner et iels s’embrassent et tout est bien qui finit bien comme c’est romantique. J’ai lu des romans, aussi. Beaucoup de romans. Et parfois, là encore, des romans qui ne donnaient pas une bonne image des femmes. Des romans qui banalisaient la violence, pire encore, qui en faisaient quelque chose de romantique.

C’est ça que je veux faire. Je veux continuer à écrire des fanfictions, d’abord parce que j’aime ça, j’aime les univers sur lesquels j’écris et j’aime les échanges que cela m’apporte, mais aussi parce que les fanfictions me permettent de toucher un public bien précis. Des filles, des femmes. Je veux écrire des histoires dans lesquelles les femmes ne se définissent pas qu’au travers du regard des hommes, écrire des histoires qui célèbrent l’amitié entre les femmes, la sororité, je veux écrire des romances qui fassent rêver mais sans glorifier la violence. Et je veux échanger avec mes lecteur·rice·s et surtout mes lectrices à ce sujet.

Je veux écrire des romans, aussi, je l’ai toujours voulu. J’ai écrit mon premier roman sur un thème bien précis, inconsciemment, pour les autres ce ne sera non seulement conscient mais assumé. Il y aura les femmes engagées pendant la seconde guerre mondiale en hommage à Madame F. Il y aura mes filles de Prague. Je ne sais pas quand j’écrirai toutes ces histoires, et si je serai un jour publiée. Mais je veux en revenir à mes fondamentaux : les mots. Car les mots sont notre plus inépuisable source de magie – je rejoins Albus Dumbledore sur ce point.

Alors si tu veux découvrir mes fanfictions sur l’univers de Harry Potter, c’est par ici, sous le pseudonyme de Bloo. Je suis notamment lancée dans une romance entre Regulus Black et Sybil Kvapilová, mon personnage original tchèque, sur fond de première guerre des sorcier·ère·s, et qui traite du thème des violences sexuelles dans le monde des sorcier·ère·s. Ça s’appelle Les zibelines triompheront bien.

Si tu veux découvrir le projet qui m’est le plus cher à ce jour, je t’invite à (re)découvrir mon récent article sur La prophétie, Tous les enfants du monde et ce troisième tome qui viendra encore après, ma fanfiction sur Les enfants de Timpelbach.

Et qui sait, un jour peut-être, je te donnerais rendez-vous entre les rayons d’une librairie !

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s