För Sverige i tiden

Aujourd’hui, on parle de la Suède. En effet, dès que ce blog a été créé, j’ai souhaité qu’une de ses catégories y soit consacrée à l’Europe. Et inaugurer cette catégorie avec un article sur la Suède est ce qui m’a semblé le plus logique.

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Depuis toute petite, j’ai eu la chance d’avoir beaucoup voyagé grâce à mes parents. Mes vacances se sont souvent déroulées à l’étranger, et même si je n’ai pas non plus visité tant de pays que cela puisque nous sommes parfois allés dans le même plusieurs fois de suite, j’ai au moins pu visiter un nombre très important de villes, de régions de toute l’Europe, et n’ai jamais été déçue par un seul de ces voyages. J’ai maintenant dix-neuf ans, et ai déjà eu la chance de me rendre en Espagne, en Italie, en Allemagne, au Royaume-Uni, en République tchèque, en Pologne, et… en Suède, donc. J’ai également passé une nuit dans une auberge de jeunesse bruxelloises mais n’ayant pas eu l’occasion de visiter quoi que ce soit de la ville, je considère que la Belgique est un pays qu’il me reste tout entier à découvrir.

Le premier pays dans lequel je me suis rendue a été l’Espagne, théâtre de nombre de vacances d’été de mon enfance. A vrai dire, nous n’avons d’abord été pratiquement que dans ce pays, avant de passer plusieurs étés en Provence, puis de mettre le cap sur l’Italie. Cette année, je repars d’ailleurs en Toscane et j’en suis enchantée, puisqu’après trois séjours dans cette région, je ne me lasse toujours pas de ses merveilles. Les vacances de Pâques nous ont permises de découvrir d’autres pays : une semaine à Berlin, une semaine à Prague. Les voyages scolaires m’ont amené à traverser six fois la Manche, direction Bath, Cambridge, Londres par trois fois et Liverpool. En janvier dernier, j’ai pris l’avion pour la Pologne et plus précisément Cracovie, rendre visite à un camarade y faisant ses études, accompagnée d’une amie de mon école étudiant justement le polonais (j’étudie pour ma part le tchèque, mais les deux langues étant proches, cela m’a aussi bien servi par moment). Et puis, par deux fois, c’est en Suède que l’avion s’est posé, lors de vacances d’été là aussi. Mais, quand nous nous rendions en Espagne, en Provence puis une année en Italie avec des amis de mes parents, ayant deux filles dont l’une a mon âge et l’autre celui de ma sœur (pratique), la Suède, nous y sommes allés tous les quatre… pour y rejoindre notre famille.

Mon oncle est Suédois, même si je n’ai à proprement parler aucun sang suédois dans les veines (quoique, étant Normande, mes ancêtres viennent peut-être de Scandinavie, qui sait ?). Mon oncle est en fait le mari de ma tante, la sœur de ma mère. Ce que j’appelle ma famille suédoise est donc de la famille par alliance, mais pour moi, ça ne fait pas véritablement de différence, et s’il y a bien une chose que j’ai retenue de tous ces voyages, c’est qu’il n’est aucunement besoin d’avoir le « sang » du pays pour s’y sentir comme chez soi. Je ne parle pas le suédois, le seul mot que j’ai retenu de ces deux séjours est « merci », je n’ai pas de lien avec ce pays, tout comme je ne parlais pas un mot de tchèque lorsque j’ai mis les pieds à Prague pour la première fois, ce qui ne m’a pas empêché de tomber littéralement amoureuse de cette ville au point de m’orienter vers des études qui vont m’amener à y vivre au moins un an. Je vois aujourd’hui l’Union européenne comme une merveilleuse chance d’un point de vue culturel, une chance de voyager sur tout le continent librement et de s’y nourrir de cultures à la fois suffisamment différentes pour nous dépayser, mais aussi suffisamment proches pour nous rapprocher les uns des autres.

Ce sentiment, c’est en Suède qu’il a commencé à naître même si je ne l’ai compris que des années plus tard, et c’est pour cela qu’il m’a paru logique de rédiger, avant tout, un article sur ce beau pays.

Avant de me rendre en Suède, j’ai eu des premiers contacts avec ce pays par le biais… de la culture, là encore. Mon oncle étant Suédois, donc, lui et ma tante nous ont régulièrement offert, à ma petite sœur et moi, des livres et des dessins animés suédois. Deux m’ont principalement marquée, au point que je m’en souviens encore très bien aujourd’hui, ce sont Pettson et Picpus, et Fifi Brindacier. Pettson et Picpus, ce sont les aventures d’un vieux monsieur, Pettson, et de son chat, Picpus, qui ne fait que des bêtises. Ils habitent en pleine nature, et je me souviens que les dessins étaient très beaux, montrant la beauté des paysages suédois, la faune sauvage, les maisons en bois et les lacs. Je me rappelle encore d’un épisode dans lequel Pettson adoptait un coq, dont Picpus se montrait jaloux au point de le faire fuir. Le coq se perdait dans la forêt et y mourrait, même si cette mort n’était pas montrée, et cet épisode faisait toujours pleurer mon pauvre petit cœur sensible. En suédois, Picpus s’appelle Findus, mais la ressemblance avec une certaine entreprise a été jugé inopportune lors de la traduction de l’œuvre et ce chat tigré reste donc à mes yeux Picpus, même si j’ai depuis un ami suédois pour qui il s’agit de Findus. D’ailleurs, pour Noël dernier, lui et sa petite amie m’ont offert… une peluche de Picpus ! J’adore les peluches, et j’adore Picpus, j’ai toujours rêvé d’en posséder un rien qu’à moi et ce rêve est donc maintenant réalisé. Et oui, à dix-neuf ans, j’ai encore des rêves à priori bien futiles mais qu’importe. 3

Cinq et cinq trente-six, les pruniers pour moi font des ceris-euuuuh, j’aime que la vie, vire-virevolte autour de moi… ♪

Quant à Fifi… elle est très connue en Suède, s’y appelle Pippi Långstrump (inutile de vous expliquer pourquoi son nom a dû être modifié…) et on trouve des goodies à son effigie dans tous les magasins -de Stockholm du moins. La série lui étant consacrée est pourtant assez vieille, elle date des années 1970, mais Fifi fonctionne toujours autant et je crois qu’il y a un dessin animé racontant ses aventures bien plus récent. J’ai pour ma part grandi avec la série et y reste attachée, même s’il faut admettre que les épisodes ont relativement mal vieilli. Fifi, j’aurais aisément pu lui consacrer des paragraphes dans mon article sur les héroïnes, parce qu’elle est un véritable phénomène. Elle vit toute seule dans sa grande et jolie maison à seulement dix ans, est indépendante, donc, échappe toujours aux policiers qui cherchent à la placer dans un foyer, fait l’admiration de tous les autres enfants, filles comme garçons, et est capable de soulever son cheval avec les mains. Quand j’y pense, c’est assez dingue qu’un tel personnage ait pu connaître un si grand succès dans les années 1970 où il était encore assez rare d’avoir des personnages féminins détonnant à ce point (mais ne vante-t-on pas la Suède pour son avance en matière d’égalité des genres ?). Fifi fait d’ailleurs tout un tas de bêtises et n’est pas du tout considérée comme un personnage moral, au contraire même, ce qui je crois a fait grincer certaines dents à l’époque, mais elle fait maintenant totalement partie de la culture populaire suédoise. Pour ma part, je pense me renseigner sur le dessin animé dans l’optique, peut-être, de le présenter à des enfants plus tard, parce que Fifi est je trouve un excellent personnage féminin et qu’elle permet donc de s’initier un peu à la culture d’un autre pays que la France, ce qui n’a jamais fait de mal à personne.

La Suède a donc toujours été assez présente dans mon enfance. Je me souviens d’un Noël au cours duquel nous avons tous eu des bois d’élan à se mettre sur la tête, je crois que nous avons une photo de ce grand moment -l’élan est l’emblème de la Suède. Et puis, à l’école, j’avais deux amies dont le père était Néerlandais et la mère Irlandaise, et je dois avouer que j’aimais bien l’idée d’avoir moi aussi des origines autres que françaises pour me démarquer un peu, même si stricto sensu, je n’en avais pas la moindre -un détail que j’avais tendance à oublier de préciser lorsque j’étais en primaire, c’est fou comme la petite fille extravertie que j’étais est différente de celle renfermée que je suis devenue dès l’entrée au collège, quand j’y repense. Finalement, cet attachement est devenu très concret lorsque mes parents, ma sœur et moi nous sommes envolés pour Stockholm -mon premier voyage en avion, d’ailleurs. Nous l’avons fait une première fois, puis une deuxième deux ans après. A chaque fois, nous sommes restés quelques jours à Stockholm, avec la famille de mon oncle, puis nous sommes partis pour un tout petit village dans le nord de la Suède où la famille possédait une maison de vacances. Et ce paysage enchanteur, je me le remémore encore très bien.

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Bizarrement, je n’ai que peu de souvenirs de Stockholm. Les deux seuls que j’ai en tête sont celui du château de la famille royale où nous avons observé les gardes et leurs chevaux, et celui du magasin où j’ai acheté un magnifique sac à main élan tout mignon, que j’ai encore aujourd’hui accroché dans ma chambre -au moins cinq élans se trouvent d’ailleurs dans ma chambre, c’est un peu devenu mon emblème à moi aussi, haha. Hormis cela, je ne me souviens que de la maison où nous étions et du grand trampoline dans le jardin sur lequel nous jouions. En revanche, je me souviens très bien de ce petit village dans le nord, dont je sais prononcer le nom mais absolument pas l’écrire. Et pour cause, le décor y est véritablement… merveilleux. Toutes les maisons sont des maisons rouges à poutres blanches apparentes, très typique donc. Le village se trouve juste au bord de la Baltique, la maison où nous étions était sur une dune que nous pouvions dévaler pour finir sur le port où étaient amarrés des petits bateaux de pêcheurs. Il y avait une grande forêt derrière dans laquelle nous pouvions nous promener, ainsi que de nombreux sentiers en bord de mer serpentant entre d’innombrables rochers et que nous avons maintes fois arpentés. Un peu plus loin derrière la maison, il y avait aussi un camping à l’entrée duquel se trouvait un petit magasin où nous achetions de délicieuses gaufrettes au chocolat. Ces gaufrettes sont un très bon souvenir, nous les adorions, mes parents aussi, nous en avons ramené un sac entier et à la douane, à l’aéroport, un douanier a ouvert le sec puis nous a regardé avec un large sourire, c’était très drôle. Pour le Noël suivant, nous avons reçu un coli rempli de ces gaufrettes de la part de notre famille, et nous en achetions régulièrement à Ikea jusqu’à ce que le magasin n’en fournisse plus -oh tristesse. Il y avait ce petit restaurant, aussi, que l’on gagnait par la forêt et qui donnait une jolie vue sur la mer. Je me souviens de plein de choses, de nombreux autres petits villages que nous avons visités ainsi lors de balades, même d’une table en bois toute bête de pique-nique sur laquelle nous nous sommes arrêtés un midi avec des chips et où nous avons déjeuné, avec notre oncle, seuls au monde dans la nature. Tout était magnifique. J’en garde un souvenir impérissable et j’adorerai y retourner, vraiment.

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J’ai toujours vécu à la campagne, je ne suis en ville que depuis mes études et je ne sais pas si c’est l’habitude de la nature qui fait que j’ai tant aimé ce petit village. Je m’y sentais hors du temps, on avait cette impression que tout était encore comme cela devait être, que l’homme n’était pas venu imposer trop durement sa marque. Je ne vivrais certainement pas un tel endroit à l’année, je reconnais de nombreux avantages à la ville et en vivrait sûrement très près dans le futur, mais c’était incroyablement reposant. Ce sont véritablement des voyages qui m’ont marquée, alors que j’étais très jeune pourtant, et que cela doit bien faire neuf ans que je n’y suis pas retournée. Cette petite maison rouge, je la visualise encore parfaitement. Elle était divisée, d’ailleurs, comme beaucoup de maisons traditionnelles. C’est-à-dire que vous avez une première maison, dans laquelle se trouvent le salon, la cuisine, la salle à manger, la salle de bain. Une deuxième petite maison, derrière, séparée par quelques mètres de jardin, où se trouvent les chambres. Une troisième, enfin, sur la droite, pour les toilettes. Nous nous amusions beaucoup de cette séparation avec ma sœur, il faut dire que nous n’avions jamais vu cela auparavant, et ça avait un côté amusant de devoir traverser le jardin pour aller aux toilettes -mais beaucoup moins amusant la nuit, cela dit.

Et c’est là que j’ai commencé à me sentir Européenne, même si je ne mettais pas de tels mots dessus à l’époque. Quand je rentrais, j’avais envie de dire que j’étais Suédoise, en plus de Française, et ça n’aurait pu être qu’une lubie de gamine en quête de popularité, mais c’est resté. Puis la Toscane m’a enchantée, j’ai voulu être Italienne, Prague m’a exaltée, j’ai voulu être Tchèque, puis Allemande, puis Polonaise. Alors, j’ai décidé que j’étais Européenne, parce que comme ça, je suis toutes ces nationalités à la fois, tous ces pays qui m’ont charmée, et tous ceux qu’il me reste à découvrir. Je n’ai encore jamais été hors d’Europe, peut-être, si tel était le cas, me sentirais-je citoyenne du monde, tout simplement, et plus Européenne. Mais je crois sincèrement que mon sentiment européen est très fort, et il tend de plus en plus à prendre le pas sur mon sentiment français, même si j’aimerais toujours mon pays et que j’aime à le défendre vaillamment -surtout lorsqu’il est question de sport (exception faite du tennis où je soutiens Federer quoiqu’il arrive), et de gastronomie, haha ! En voyageant, j’ai pu découvrir des cultures, des coutumes, des traditions, plein de choses qui m’ont fait aimer ces pays et changer de la France. Mais j’ai aussi réalisé que nous partagions beaucoup de choses. Que les grands courants littéraires ou architecturaux que je connaissais, notamment, n’étaient pas spécifiquement Français, mais bien Européens. Que le romantisme a embrassé toute l’Europe. Que des églises gothiques se trouvent sur l’ensemble du continent. Nous avons un riche patrimoine culturel commun, et je ne comprendrais mais alors jamais pourquoi nous n’avons pas d’abord essayé de mettre ce patrimoine en avant pour créer un sentiment européen, pourquoi nous nous sommes concentrés sur l’économie puis la politique en oubliant que la culture soude tout autant si ce n’est plus les peuples.

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L’Europe est une richesse. Mon école se compose d’une quarantaine de nationalités différentes, et cela m’a permis d’apprendre plein de choses, un nombre incroyable de choses. Et je ne parle pas forcément de choses pouvant sembler barbantes comme l’histoire ou le système politique de chaque pays (bien que moi je trouve cela fascinant), mais aussi de petites choses plus ludiques et qui contribuent pourtant à renforcer mon sentiment européen : les légendes de chaque pays (coucou le Golem), le folklore (les danses folkloriques bohêmes et moraves sont très belles à regarder, entre autres), la gastronomie (je sais maintenant cuisiner le syrnyk, sorte de cheescake à base d’un fromage de l’est), le langage (j’apprends le tchèque et je connais quelques mots de vocabulaire usuels dans d’autres langues), la musique (notamment la musique folklorique, encore, mais ça c’est moi et mon amour du folklore de toute façon)… J’ai envie de partager toutes ces choses. Pour Noël dernier, j’ai d’ailleurs offert une peluche de krtek à ma petite cousine, krtek la petite taupe, héroïne de dessin animé en République tchèque où elle est immensément populaire, et j’ai cuisiné des biscuits de Noël tchèques pour ma famille, les kolaches. Je veux apprendre à cuisiner bien d’autres choses encore, et à danser comme en Ukraine ou en Slovaquie, et pouvoir plus tard raconter à mes enfants les plus grandes légendes de chaque pays -Prague à elle seule en regorge déjà. Parce que tout ça, c’est aussi l’Europe. Parce que l’Europe n’est pas qu’une zone économique ou une Commission à Bruxelles dont presque personne ne connaît les membres. Nous sommes l’Europe, et c’est en échangeant nos cultures respectives que nous pouvons vraiment devenir Européens. Et alors, pourquoi devenir Européen ? Pourquoi si l’on ne croit pas au projet européen ?

Parce qu’il ne s’agit pas d’être pour ou contre l’Union européenne. Parce que je suis la première à penser que des tas de choses seraient à améliorer voire à modifier de fond en comble au sein de l’UE. Mais parce que s’ouvrir aux autres cultures, à ces pays que l’UE nous permet de côtoyer et de visiter facilement, c’est enrichir notre propre culture, c’est apprendre de celle des autres, c’est pouvoir préparer une spécialité tchèque à votre famille qui sera ravie de la découvrir et raconter un vieux conte polonais à des enfants qui écouteront attentivement une histoire qu’ils ne connaissent pas encore. Parce que respecter la culture des autres et s’y intéresser ne nécessite pas de croire en l’UE, et que pouvez très bien ne pas y adhérer tout en reconnaissant que la France se trouve sur un continent, qui comprend d’autres pays que le nôtre et qui méritent eux aussi que l’on s’y intéresse, qui ont eux aussi une histoire et une culture à nous apporter. Qu’on le veuille ou non, la culture française est aussi une culture européenne, qui a été influencé par cette dernière et qui l’a influencée en retour. S’intéresser à l’Europe, c’est aussi être une façon de mieux comprendre notre propre pays. S’intéresser à l’Europe, ce n’est pas adhérer à l’UE, mais bien à l’Europe en elle-même, aux pays qui la composent et aux richesses qu’ils peuvent nous apporter. Je connais des gens qui s’intéressent à l’UE, d’autres non. Mais nous nous intéressons tous à l’Europe et à ce qu’elle peut nous procurer, parce que quitte à être techniquement Européens par la force des choses, autant l’être aussi un peu culturellement. Cela ne nous retirera jamais rien, ça nous donnera par contre peut-être beaucoup.

Hölick Bastu 18-07-2007 008Ma onzième année, la mode, et moi

La Suède a enchanté mon enfance. Pettson et Picpus, Fifi, ces si délicieuses gaufrettes et l’architecture de ces petits villages du nord, ce n’est peut-être à priori pas grand-chose, mais cela a bercé mes jeunes années, enrichi ma culture, ouvert mon esprit. A mon tour, je voudrais transmettre à des enfants les richesses de l’Europe, qui nous sont aujourd’hui plus accessibles que jamais et dont il serait bien dommage de se priver.

För Sverige i tiden, toujours pour la Suède.

För Europa i tiden, toujours pour l’Europe.

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7 personnalités avec lesquelles nouer une amitié

Récemment, j’ai lu un article que j’ai trouvé très amusant sur le blog de Buffy Mars (blog que je recommande absolument et dont je reparlerai sûrement !). Dans cet article, elle imaginait sept amitiés qu’elle pourrait nouer… avec des gens célèbres. L’idée m’a un peu prise de court puisque je me suis dit que je ne pourrai jamais choisir que sept personnalités, et qu’il y avait bien trop de gens que j’admirais pour pouvoir me décider entre eux. Finalement, à force de réfléchir à cette petite liste, et d’en réaliser quelques-unes, je me suis rendue compte que certaines personnes revenaient presque toujours. Ce sont elles que j’ai choisi de vous présenter, et qui feraient j’en suis certaine d’excellentes amitiés !

L’écrivain Albert Camus

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Parce que non seulement il s’agit de mon auteur favori, mais que je respecte également profondément l’homme -pas seulement l’auteur. J’adore lire, je pourrai passer ma vie à lire, mais je me rends compte que les auteurs qui me tiennent le plus à cœur sont aussi ceux dont j’admire l’engagement. Et je crois d’ailleurs que c’est pour cela que je préfèrerai toujours Camus à Sartre -bien que je reconnaisse l’immense talent littéraire de ce dernier. Camus est toujours resté fidèle à ses valeurs : lorsqu’il a pris connaissance des exécutions d’opposants en URSS, il a rendu sa carte au Parti communiste, lorsqu’il s’est vu refusé de combattre dans l’armée française face à l’Allemagne nazie, il s’est engagé en Résistance et ce dès 1942, jusqu’à prendre la tête de l’un des plus grands réseaux de Résistance en France. Il s’est également toujours engagé en faveur des Arabes, ce qui a fait de la guerre d’Algérie un véritable déchirement pour lui. Camus a vécu à une époque « absurde », en ceci que plus rien ne semblait avoir de sens : pourquoi la guerre, pourquoi les totalitarismes, pourquoi les génocides ? L’absurde, Camus en a fait sa philosophie et elle se retrouve dans toutes ses œuvres. Des œuvres que j’aime profondément, et derrière lesquelles on retrouve toujours cet engagement incroyablement fort de Camus : je connais des gens qui n’aiment pas L’Etranger, moi je trouve ce roman magnifique puisqu’il exprime bien toute l’absurdité d’une époque dans laquelle vivait alors Camus -celle de la seconde guerre mondiale. Si j’étais amie avec Camus, je pourrai lui poser tout un tas de questions sur son engagement, et peut-être que lui m’encouragerait à poursuivre mon propre engagement, aussi. Il serait une de ces amitiés qui vous tirent vers le haut, qui vous apportent énormément de choses et vous améliorent en tant que personne.

 

L’actrice et militante Emma Watson

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Emma Watson et moi, c’est une longue histoire. Hermione Granger ayant été dans un premier temps mon personnage favori dans Harry Potter, je ne pouvais qu’adorer l’actrice l’incarnant. Je me suis ensuite tournée vers d’autres personnages et ai d’ailleurs trouvé plus d’une fois que la Hermione des films ne correspondait pas du tout à celle des livres -en mal. Pourtant, j’ai continué à admirer Emma. Je trouvais incroyable sa volonté de toujours faire ce qu’elle avait décidé. Lorsqu’elle est allée à l’Université, je l’ai trouvé très forte et très fidèle à ses idées, elle aussi, parce qu’avec sa fortune elle aurait certainement pu s’en passer mais elle avait toujours dit qu’elle le ferait et surtout, qu’elle voulait le faire. Alors, quand elle a voulu s’engager pour la cause des femmes, je n’ai bien évidemment pu qu’approuver. Avec Emma, je parlerais de longues heures durant du féminisme, de la campagne HeForShe, de ses modèles féminins. Et puis, je lui demanderais quelques petits conseils vestimentaires, aussi -elle s’habille toujours tellement bien.

 

L’écrivain Emile Zola

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Emile Zola, c’est un petit peu l’équivalent de Dieu pour moi. Il est mon auteur favori avec Camus. D’ailleurs, ça n’a pas été facile de choisir qui, de Camus ou de lui, devait apparaître en premier étant donné que Zola aussi a un engagement très fort et que je respecte profondément. On peut penser bien sûr à sa prise de position en faveur de Dreyfus et du fameux J’accuse. Moi, je pense plutôt à son œuvre littéraire, à sa célèbre série des Rougon-Macquart à travers laquelle il s’attache à décrire la vie des petites gens. Bien sûr, ses romans sont loin d’être joyeux et de toujours donner une image positive des ouvriers. Mais lui, il en parle. Combien de siècles a-t-il fallu attendre pour que les romans s’intéressent à ceux qui constituent l’immense majorité de la population ? Et puis, on dira ce qu’on veut, Germinal est tout de même une œuvre magnifique pour les ouvriers -et autant dire que dans les Rougon-Macquart, les bourgeois en prennent ainsi pour leur grade et bien plus que les ouvriers, même. J’aime lire des romans de Zola, je trouve son écriture magnifique et je déteste que l’on me dise « Oui mais Zola y’a pas d’histoire c’est que du style » alors que c’est parfaitement faux -et j’aimerais bien savoir si ceux qui disent ça ont déjà vraiment lu un Zola. Evidemment que certains de ses romans sont mieux que d’autres. Mais il y a presque toujours une intrigue qui me permet de dévorer les pages pour connaître le destin de ses incroyables personnages. Je lis le cycle des Rougon-Macquart dans l’ordre et pour l’instant, mes favoris sont Le ventre de Paris, La faute de l’Abbé Mouret et Germinal. Si vous avez un petit moment un de ces jours, je vous les recommande vivement.

 

L’actrice Audrey Hepburn

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Audrey Hepburn, c’est un petit peu ma référence absolue en matière de mode. Son style est absolument intemporel et je serais ravie si je pouvais un jour ne serait-ce que lui arriver à la cheville. Elle est d’une simplicité déconcertante mais avec ce petit truc qui la démarque des autres, cette élégance qui la caractérise si bien. Audrey Hepburn, elle orne chaque mur de mon appartement et j’adorerais discuter vêtements avec elle rien qu’une fois. On pourrait peut-même regarder ensemble Diamants sur canapé, elle me raconterait des anecdotes du tournage de ce superbe film, je pleurerais lorsque son personnage abandonnerait Chat puis mes larmes de tristesse se transformeraient en larmes de joie lorsque Chat la retrouverait avec son amour et que cette fin heureuse s’afficherait sur mon écran.

 

L’écrivaine J.K. Rowling

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Elle, c’est une évidence parce que je lui dois un peu tout. Je ne me rappelle pas des quelques livres que j’ai pu lire avant Harry Potter. Je sais que je lisais, parce que mes parents m’y encourageaient, sans être vraiment tombé sur le livre. Jusqu’à ce que je lise Harry Potter à l’école des sorciers. J’avais sept ans, huit peut-être, et J.K Rowling a fait quelque chose d’incroyable : elle m’a donné le goût de la lecture. Quand je dis que Harry Potter a changé ma vie, ce n’est pas une exagération. Grâce au petit sorcier, j’ai aimé lire, j’ai appris à dévorer les livres et à m’imaginer vivre ces histoires que je lisais. Et puis, peut-être plus important encore, j’ai écrit grâce à Harry Potter. Je crois que ma première histoire était une suite de la série, en attendant le sixième ou le septième tome. Je ne m’en rappelle plus vraiment. Ce que je sais, c’est que j’écris toujours aujourd’hui. Et qu’avant mes 18 ans, j’ai écrit et fait publier un roman. C’est quelque chose d’incroyable que je n’aurai jamais pu faire sans elle. Aujourd’hui encore, je continue à écrire sur Harry Potter -je suis inscrite sur une site dédié à la fanfiction HP et j’y ai plus de 100 histoires. Je crois que je harcèlerais cette chère J.K. Rowling de questions si jamais nous venions à devenir amies : et je lui ferai part de mes propres histoires sur son univers, de l’avenir que j’ai imaginé pour certains personnages. Je crois que cela lui ferait plaisir. Et peut-même qu’elle aurait alors l’envie d’écrire de nouvelles histoires, qui sait…

 

Le politique Jean Monnet

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Son nom détonne peut-être un peu au milieu des autres -encore que. Je ne pense pas que par personnalités, beaucoup de gens entendraient personnalités politiques et pourtant, je crois que je lui dois un peu ma vie actuelle, à Jean Monnet. Pas seulement à lui, certes, mais en grande partie quand même. Si on célèbre l’Europe le jour anniversaire de la déclaration Schuman, on précise peut-être moins que cette déclaration a été en grande partie inspirée par Monnet. Jean Monnet, c’est l’un des pères fondateurs de l’Europe, l’un de ces hommes grâce auxquels je peux aujourd’hui m’envoler pour Cracovie sans passeport aucun, discuter avec des Berlinois sur la Alexander Platz, profiter des paysages splendides de Florence et me rêver un avenir à Prague. Jean Monnet, c’est l’un de ces hommes grâce auxquels se dire Européen a un sens et qui m’a donné un double, si ce n’est une multiple nationalité : je suis Française, mais je suis aussi -et peut-être surtout- Européenne. Cela ne veut pas dire que j’approuve l’Union européenne telle qu’elle se construit aujourd’hui -loin de là. Mais je crois en un projet européen, j’ai un idéal européen, et je pourrais en discuter des heures avec Monnet si nous étions amis -en espérant qu’il me donne des conseils pour construire une Europe plus belle encore.

 

L’écrivaine et journaliste Milena Jesenská

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Milena Jesenská est une écrivaine et journaliste tchécoslovaque, qui n’est guère connue et dont vous avez peut-être déjà entendu parler par le biais de Kafka : elle était son amante et ils échangèrent une incroyable correspondance. Milena vécut dans la première moitié du XXème siècle et elle est un peu tout ce que j’admire : elle fit ses études au lycée de jeunes filles Minerve à Prague, un lycée fondé par des féministes et dont le but était de permettre l’émancipation des femmes. Femme de lettres, elle devint journaliste en 1920 ce qui était à l’époque encore peu courant pour une femme. Entre 1938 et 1939, elle prit même la direction d’un magazine politique et culturel. Lorsque la Tchécoslovaquie fut envahie par les Allemands, elle entra en Résistance. Arrêtée dès 1939, elle fut déportée à Ravensbrück où elle perdit la vie en 1944. Il s’agit là encore d’une femme de convictions qui est allée jusqu’au bout de son engagement -au point d’y sacrifier sa vie. Elle aimait d’ailleurs profondément sa Tchécoslovaquie et a traduit de nombreuses œuvres en tchèque. Je pense que la première chose que je lui dirai si nous devenions amies serait à quel point j’admire son courage et la force avec laquelle elle a porté ses convictions jusqu’à la toute fin.

Et vous, quelles personnalités inviteriez-vous à dîner un de ces soirs ?

Un début à tout

Pourquoi Miroslava Zetkin ?

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Je dois dire que j’ai passé un temps fou à trouver un nom de blog qui conviendrait, un nom qui me conviendrait, et que ce blog-ci a d’ailleurs changé plusieurs fois de nom avant que je ne me décide pour de bon.

Et puis, quelque chose d’extraordinaire s’est produit dans ma vie. J’ai quitté le lycée et avec lui, la région où j’avais toujours vécu ainsi que tous mes amis. Je suis partie, peut-être pas très loin, à côté de mes camarades de promotion venant des quatre coins de l’Europe, mais je suis partie. Plus près de chez moi que d’autres, mais bien plus loin que la majorité de mes connaissances de lycée. Honnêtement, je me demandais si je serais capable de supporter un tel éloignement de tout ce que j’avais toujours connu jusqu’à présent. Si ce ne serait pas trop dur, pour moi. Mais en dépit de ces doutes, il s’est avéré que ce n’était pas trop dur. Mieux, c’était, et c’est, en fait, extraordinaire.

Pour la première fois de ma vie, je me sens parfaitement à ma place là où je suis.

Là où je suis, c’est sur un campus délocalisé de Sciences Po où quelques 180 passionnés de plus de quarante pays différents suivent des études axées sur l’Europe centrale et orientale. Et ça me plaît. Je me suis toujours sentie Européenne, au moins autant que Française. Cette année, ce rêve s’est concrétisé et j’étudie même le tchèque, idée peut-être saugrenue mais que je m’étais mise en tête depuis la découverte de mon amour pour la République tchèque. Miroslava, c’est une sorte de « tchéquisation » de mon vrai prénom.

Et le Zetkin, alors ?

Ce qui est extraordinaire, cette année, c’est que non contente de me sentir parfaitement à ma place, je me sens aussi parfaitement heureuse. Et ce bonheur est très certainement lié au fait que pour la première fois, ma timidité maladive et mon manque cruel de confiance en moi semblent s’être pour partie évaporés. Ici, je sens que je peux m’exprimer, défendre mes idées, et même assumer tout à fait qui je suis sans avoir à en rougir. Cela paraît peut-être quelque peu évident, mais ça ne l’a jamais été pour moi avant cette année. Je peux être vraiment moi-même.

Et moi, je suis féministe.

Mon féminisme est une chose sur laquelle je reviendrai largement par la suite. Mais pour la petite histoire, nous célébrons chaque 8 mars la journée internationale des droits de la femme. Cette journée semble pour nous avoir toujours existé. En fait, son invention remonte au début des années 1910 et à une certaine… Clara Zetkin. Féministe engagée et proche de Rosa Luxembourg, Clara Zetkin est à l’origine d’une journée qui symbolise en quelque sorte tout ce pour quoi se battent les féministes. Lors d’une conférence de l’Internationale socialiste des femmes en 1910 à Copenhague, elle suggéra la mise en place de cette journée. Un an plus tard, le 8 mars 1911, celle-ci eut lieu pour la première fois.

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Et le petit plus de Clara Zetkin, c’est qu’elle est Allemande. Pour une Européenne convaincue telle que moi, il va sans dire que Miroslava Zetkin constitue donc le parfait pseudonyme.