NaNoWriMo késako

Dans quelques jours, je vais participer à mon troisième NaNoWriMo. Mais en fait le NaNoWriMo, qu’est-ce que c’est concrètement ?

Concrètement, NaNoWriMo signifie National Novel Writing Month. Soit le mois national d’écriture de roman. Concrètement, il s’agit d’écrire 50 000 mots en un mois seulement, ce qui représente pas moins de 175 pages environ. Il ne s’agit donc pas tant d’achever son roman que d’atteindre les 50 000 mots. Certaines personnes auront complété leur roman au terme de ces 50 000 mots, d’autres n’en seront qu’à la moitié, l’essentiel, c’est de réussir à écrire ces dizaines de pages en un mois seulement. Ce qui fait une moyenne de 1667 mots écrits par jour –quand même.

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Le projet est né en 1999 aux Etats-Unis et ne comptait qu’une vingtaine de participants. Il rassemble aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers de personne chaque année, et dans le monde entier. Traditionnellement, le NaNoWriMo se déroule au mois de novembre. Mais le concept est devenu tellement populaire qu’il se décline aussi en deux camps NaNoWriMo au cours de l’année, souvent en avril et en juin/juillet. Durant les camps, on décide soi-même du nombre de mots que l’on souhaite écrire en un mois : ce peut être 50 000, ce peut être moins, mais aussi plus. Le NaNoWriMo, en revanche, le vrai, le dur, celui de novembre, n’est considéré comme réussi que si les 50 000 mots sont atteints –et rien n’empêche d’en écrire plus ensuite.

Concrètement, il faut s’inscrire sur le site du NaNoWriMo et attendre le 1er novembre pour commencer à écrire. Chaque jour, on rentre le nombre de mots que l’on a écrit et le site vous fait un graphique, calcule votre moyenne et vous indique la date à laquelle vous finirez à ce rythme. On peut écrire dans n’importe quelle langue et sur n’importe quel sujet. On peut écrire un roman, un mémoire, un essai, des articles, une fanfiction, l’essentiel étant d’écrire 50 000 mots. Normalement, les 50 000 mots doivent être écrits sur un seul et même projet : il s’agit donc d’écrire le même roman pendant un mois et pas des petits bouts de quinze romans différents. Mais certaines personnes utilisent le NaNoWriMo pour se motiver et au final, vous faîtes bien comme vous voulez. De toute façon, il n’y a rien à gagner. Vers la fin du mois, il faut télécharger sur le site le document sur lequel on a écrit afin de certifier que l’on a atteint les 50 000 mots. Cela donne le droit à un joli diplôme papier à imprimer et permet d’afficher fièrement le badge « Winner » sur ses réseaux sociaux. Rien de concret à remporter, et donc peu de raisons de tricher. Et personnellement, si vous me dîtes avoir écrit 50 000 mots en un mois même sur différents projets, je vous considérais comme « Winner » parce que c’est déjà un sacrément bel exploit.

La première fois que j’ai relevé ce défi littéraire, c’était un mois de juin pour un camp NaNoWriMo donc. J’ai décidé de tenter 50 000 mots pour faire comme le « vrai » NaNo. C’était ma première participation et je l’ai réussi, avec même 54 000 mots à la fin du mois. J’en ai tiré mon premier roman, qui trois ans après a été entièrement retravaillé, corrigé, et cherche actuellement un.e éditeur.ice. Il y a deux ans, j’ai décidé de tenter le NaNoWriMo de novembre mais ai cette fois-ci échoué à 12 000 mots seulement : manque de temps, manque de motivation pour le projet qui depuis dort d’ailleurs sur mon disque dur et n’a jamais été retouché. Cette année en revanche, en tant qu’étudiante Erasmus, j’ai beaucoup plus de temps libre que je n’en avais il y a deux ans et je suis donc bien décidée à me relancer dans l’aventure.

Le NaNoWriMo, c’est une expérience formidable. Être capable d’écrire 50 000 mots en un mois, ce n’est pas rien, quand on y parvient, on est incroyablement fier de soi. Et même si on n’y parvient pas, le simple fait d’avoir écrit, d’avoir échangé avec d’autres participant.e.s, d’avoir avancé un projet qui parfois traînait depuis des années, de s’être remis à l’écriture… ce sont déjà de belles victoires. Concrètement, en un mois, vous n’allez pas écrire le chef d’œuvre de votre vie. Forcément, quand on écrit beaucoup chaque jour, cela se fait au détriment de la qualité et c’est d’ailleurs assumé : la quantité avant la qualité. Mais la qualité, vous aurez tout le temps ensuite de vous y atteler. Le but du NaNo, c’est de sortir votre premier jet, de débloquer votre histoire, d’en finir avec le syndrome de la page blanche, d’avoir une base concrète sur laquelle travailler ensuite. Le roman que j’ai écrit un mois de juin était bien entendu à retravailler ensuite, j’ai mis du temps à le corriger, à l’améliorer, à le rendre parfaitement cohérent. Mais au moins, j’avais déjà mon premier jet, quelque chose sur quoi travailler, j’avais sorti mes 50 000 mots et quelque part, ainsi déjà fait le plus dur –du moins à mes yeux, parce que la correction c’est certes très ennuyant, mais ça reste moins compliqué que d’écrire 175 pages. Sans le NaNoWriMo pour me booster, pour me motiver, pour me forcer à écrire chaque jour ces mots même quand je n’en avais pas envie, même quand je n’avais plus d’idées, même que je n’aimais pas ce que j’écrivais, sans la NaNo, je n’aurais pas écrit mon premier roman à dix-sept ans.

Il n’y a pas de recette miracle pour réussir le NaNoWriMo. En réussir un ne m’a d’ailleurs pas empêché d’échouer au suivant. Certain.e.s ne jurent que par la planification, et préparent des mois à l’avance la trame de leur récit, font des fiches pour leurs personnages et commencent leur défi en sachant exactement ce qu’ils doivent écrire. D’autres ont une vague idée deux jours avant le commencement et se lancent sans savoir où cela va les mener. Tou.te.s peuvent réussir. Les deux NaNo que j’ai tentés l’ont été sur un coup de tête : je n’avais rien préparé, j’avais vaguement un début et vaguement une fin à mes histoires mais n’y avais pas franchement réfléchi. J’en ai réussi un, j’ai échoué à l’autre. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise méthode, il y a simplement ce que vous préférez. En revanche, ce que je peux vraiment recommander, c’est de ne pas participer seul.e. Je suis inscrite sur un forum d’écriture où plusieurs personnes participent chaque année et c’est bien plus motivant ainsi. On peut comparer nos avancées respectives, s’encourager, et la fierté personnelle peut faire des miracles lorsque vous voyez que vos partenaires ont rempli leur quota du jour alors que vous êtes un peu à la traîne ! Seul.e, il est beaucoup plus tentant de ne pas écrire un jour, voire deux, et quand on commence à faire des pauses, ça devient vite très difficile à rattraper parce que le nombre de mots à écrire chaque jour pour compléter le défi ne cesse de grandir. Là encore, il n’y a pas de schéma classique cela dit : certain.e.s sont capables de ne rien écrire pendant vingt jours et de soudainement sortir 50 000 mots en dix jours, préférant travailler dans l’urgence. D’autres vont écrire 30 000 mots en une semaine et ne finalement pas terminer le défi. À chacun son NaNoWriMo.

Cette fois-ci, j’ai décidé de me lancer avec un projet fanfictionnel qui me tient beaucoup à cœur. C’est la seule fanfiction que j’écris sur un univers autre que Harry Potter –en l’occurrence, celui des Enfants de Timpelbach. J’ai écrit une histoire de 110 000 mots basée sur cet univers mais il ne s’agissait que de la première partie d’un très vaste projet auquel je me consacre depuis l’âge de douze ans –avec des périodes creuses plus ou moins longues. J’ai commencé la deuxième partie il y a peu mais n’avance pas vraiment et je compte donc sur la NaNoWriMo pour retrouver le plaisir d’écrire cette histoire et enfin l’avancer sérieusement. Je dédierai un article spécial à ce projet parce qu’il me faudrait bien plus que quelques lignes pour le décrire, mais l’histoire avec laquelle je vais me lancer s’intitule en tout cas « Tous les enfants du monde », se passe dans la France des années 1950 et ça va causer amour, aventure mais aussi et surtout droits des femmes. Voilà, voilà –et oui, la fanfiction aussi c’est sérieux.

Et vous alors, le NaNoWriMo ? Peut-être que oui, peut-être que non, jamais de la vie ?

Et pourquoi pas cette année ?

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